Autant vous le dire : je ne sais si la cause en était le titre, une présentation lue négligemment ; ce qui est sûr est que j'ai entamé la lecture de ce policier à reculons.
Eh bien ! Deux pages plus tard, je courais dans l'autre sens.
L'écriture vive, sans accroc, truculente parfois, séduisante sans aucun doute, évitait que je perde souffle. Tous les ingrédients habituels d'un bon polar y sont présents : intrigue rebondissante, dialogues enlevés, personnages décrits à coups de serpe mais sous des angles différents, suspens, toile de fond sombre, réflexions imagées, situations scabreuses ou drôles ; pas de temps mort.
Un vrai plaisir.
Au delà du récit, ce qui m'a frappé, ce sont les variations entre la dépossession extrême des personnages dans une ville presque morte et leur capacité, à partir de petits riens, de voies de traverse dont celle de la sensualité joyeuse, d'exister.
Le lecteur que je suis a cru déceler l'extrême plaisir qu'a éprouvé l'auteur en écrivant ce livre - plaisir qu'en retour il vient cueillir.
Tout comme Indiana Jones, dévorez L'évangile selon Jacques Lucas dans les transports en commun.


Cinquième étage
La dernière folie de Cyrille Audebert

Agnès Andersen ILV
Chouette ! Le dernier roman de Cyrille Audebert !
Cinquième étage que ça s'appelle. Une fois de plus, je n'ai pas été déçue.
Entre rigolades et frissons, j'y ai retrouvé l'auteur dans son authenticité. Un style aussi profond que rigolard, une athmosphère de cruauté décontractée, une énigme à rebondissements, tout cela emporté par le vocabulaire habituel des héros à qui on ne leur fait plus.
Bref, j'ai accroché de la première à la dernière page pour suivre un Hercule déjanté, comme d'habitude, chassant les E.T. et maniant la psychologie aussi bien que le couteau de cuisine. Un délice !
A celà s'ajoute le défilé de tous mes héros des années 70 dont mon préféré et de loin : Numéro 6.
Que Numéro 6 devienne le Numéro 1 d'un polar, fallait le faire. C'est fait !
Mais je ne vous en dirai pas plus, sinon qu'à la fin, comme d'hab, je me suis posée la question piège : "Et si c'était vrai ?"
A lire d'urgence.


